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mercredi 20 décembre 2017

Jésus est né en Provence. (et qui sait dans notre Enclave des Papes)

Le boumian[1]


            Le « pitchounet » arrive bientôt, il sera le petit saint dans ce monde familier de nos santons de Vaurias.
Jésus est né en Provence. (et qui sait dans notre Enclave des Papes)


Au loin du village, nous pouvons voir la ferme de Gustave Bonhomme, agriculteur et éleveur de bestiaux. Des vaches, des ânes, des chevaux font de ce lieu un endroit propice à la Nativité en cette fin décembre.
            Alors il faut préparer le lieu d’accueil. Et c’est là que nous allons faire connaissance avec d’autres santons.
Avec Gustave Bonhomme, son épouse Marie, vient le palefrenier de la ferme, Célestin Chapus, homme renfermé et sociable avec les chevaux, sans plus.
Oh ! Il n’a pas un tempérament retentissant, mais gère avec efficacité l’entretien des bêtes du propriétaire des lieux.
Célestin, pourrais-tu changer la paille et mettre un peu de lumière en ouvrant certaines lucarnes fermées depuis des années dans l’étable ? lui demande Gustave.
Ah, bon ! Elle est pas assez propre, la paille ?
Ce n’est pas ça, rétorque Gustave, mais bientôt nous allons avoir une naissance et tout le village s’invite en cette veille de Noël. Comprends–tu qu’il faut mettre un peu d’ordre dans l’étable, mon brave ?
            Et notre palefrenier s’empare de la fourche et commence de retirer la paille humide sur le sol, pour étaler par la suite de la paille bien sèche.
Au loin, nous voyons arriver notre garde champêtre, le célèbre Fortuné, qui se dirige droit vers la ferme des Bonhomme.
Tiens, nous avons la visite de l’homme de loi ! s’exclame Célestin.
Oh ! Où tu vas si ardemment, Fortuné ? lui demande Gustave. Il y a longtemps que l’on ne t’avait pas vu dans les parages, tu cherches un braconnier ?
Ne m’en parle pas, cela fait quelques jours que des gens du village nous ont signalé le passage du « boumian », tu sais, celui qui chaque année à cette époque tourne autour des poulaillers afin de prélever sans modération quelques volailles bien grasses. Vous ne l’auriez pas vu ?
Je ne pense pas qu’il soit passé ces derniers temps près de la ferme, répond monsieur Bonhomme. À moins qu’il n’ait contourné le ruisseau par la passerelle des Blanchard, mais je n’ai pas entendu les chiens aboyer ces derniers jours. Le père Blanchard, un peu sourd, est malade depuis quelques jours. Il reste dans sa chaumière à côté de son fourneau. Il me fait signe quand il sort chercher du bois, mais sans plus. 
Et Célestin de rajouter :
Le boumian, il fait moins de dégâts que les renards, faudrait peut-être voir à faire une battue, car cette année ils sont nombreux et la nuit, les chevaux sont énervés de leur présence autour de la ferme. Qu’est-ce qu’il attend, le maire, pour sortir un arrêté et mettre en place cette battue ?
Ah ! moi, tu sais, je ne suis pas le maire. S’il me donne l’ordre de préparer la battue, en tant que garde champêtre, je la fais. Bon, je vais continuer plus loin, pour voir si le boumian n’aurait pas fait son passage. Au revoir, braves gens, et préparez bien la venue du petit saint.
            Et notre Fortuné poursuit ses recherches et se dirige vers le hameau des Blaches. Il faut dire que chaque année, le boumian lui fait perdre quelques kilogrammes. Comme s’il n’en perdait pas assez à courir après le berger.

L'histoire entre la Provence et les gens du voyage fait donc que cette famille nomade et marginale trouve sa place dans la crèche.


[1]              En provençal, on dit lou boumian et la boumiano. Le terme boumian relève d'un fait historique : le comte de Provence a repoussé les tziganes et les vagabonds et les a contraints à vivre durant un demi-siècle dans le massif de la Sainte-Baume. Quand ils purent enfin quitter la montagne, les gens qui les découvrirent les appelèrent les « boumian », que l'on peut traduire littéralement par « les habitants de la Baume ».


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